Mardi 1er Juillet 2003.
Près de deux mois... sans épanchement...
Joli mois de mai oui... il est déjà si loin !
Il fait chaud à mourir !
Mais après tout ce froid, comment se plaindre... même si la plainte se fait manie, comme si c'était un plaisir
vraiment extra que de "pleurer" constamment...
"il fait trop chaud" "Dieu, qu'il fait donc froid", "ah je n'ai pas de chance"...
ah chanson monotone de toutes nos "souffrances"...
Ce soir, je ne me plaindrai pas... enfin si, à peine, juste un peu, je m'offre ce plaisir avec jubilation...
Le congé des fêtes se termine et sachez que c'est terriblement démoralisant... j'en ai des larmes au bord des paupière et le coeur
tout "chose"...
Voilà tout mon malheur, et ce n'est pas peu croyez-moi je vous en prie !
Ah mais voyons, j'allais oublier le plus important, le plus cruel, quelle tristesse, de formuler cette autre plainte, et pourtant... :
le bonhomme Yver dont je vous ai parlé plus avant hante incongrument mes rêves les
transformant en cauchemars hideux... si si... c'en est à ce point.
Il tue mes nuits, me réveille en sursaut, bref, je rêve - justement - d'en finir avec lui !...
Mais j'ignore encore comment m'y prendre...
Dire que je l'ai tant aimé... quand j'étais toute petite, il m'enchantait par ses histoires, ses jeux.
Il créait pour moi seule des aventures extraordinaires qui me clouaient sur place, m'enchantaient,
faisaient de moi l'esclave de son bon-vouloir à raconter, à inventer.
Il activait si bien mon imagination que
je devenais les personnages de ses histoires, de ses jeux
et que je n'existais jamais autant qu'à ces instants. Il ne pouvait alors y avoir personne qui fût plus heureux que je l'étais !
Comment n'aurais-je pas succombé alors que, rien que pour moi,
d'un seul souffle, il créait des univers tout de magie ?
J'étais certainement son admiratrice la plus assidue !
Ce bonhomme Yver que j'ai revu et que je n'ai
pas reconnu.
Quand j'y songe, je revois une silhouette sombre, un lourd regard de méchant diable,
j'entends une voix dure que j'ignorais, et je me souviens de chacun de ses mots.
Chacune de ces paroles m'a touchée au plus profond.
J'avais décidé de les brûler, de ne plus jamais m'en souvenir.
Je n'ai réussi qu'à ne plus en parler.
Le Bonhomme Yver me hante, oui il se le permet.
Alors je songe à nouveau à l'enterrement du bonhomme Yver.
Je songe qu'il ne viendra plus hanter mes nuits, que ce soit pour me chatouiller les pieds ou pire...
Ah juste le supprimer à ma façon et danser une danse indienne - pourquoi... pourquoi pas ? - jusqu'au petit matin !
Et libérée d'un dur Yver, dormir à nouveau du sommeil paisible des nouveaux-nés...
Il a déchaîné ma colère, je l'effacerai d'un geste comme on se débarrasse d'une poussière qui vous fait la vie dure.
Je suppose que, cette nuit, je vais dresser des plans, mettre au point ma stratégie... et demain... demain...
... Mais je suis lasse, mes yeux ne tiennent plus debout... :)
Alors, je vous laisse pour ce soir. Il est si tard.
Peut-être pendrai-je une immense grappe de gousses d'ail au-dessus du lit... je me le demande intensément ...
et tant pis si mon Ange se plaint de l'odeur. Il faut ce qu'il faut...
Mais vous, dormez bien mes amis.
Je reviendrai plus tôt que vous ne le pensez, je ne suis pas toujours aussi lâcheuse qu'il semblerait !
Votre Mellia.
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